Faire soi-même : une belle aventure… collective !

Faire soi-même : une belle aventure… collective !

Phénomène venu des Etats-Unis, le Do It Yourself s’installe dans nos habitudes… Pour preuve, la multitude de tutoriels que l’on trouve aujourd’hui sur le net ! Solution anti-gaspillage ou anti-déprime, cette pratique est en pleine évolution : on voit fleurir des ateliers collectifs un peu partout dans les grandes villes de France et elle se décline sous de nombreuses formes. Jusqu’à peut-être bouleverser nos modes de vie ?

1 Le Do It Yourself : une passion française ?

Bricolage, déco, bijoux, vêtements… l’un de vos grands plaisirs à la maison est de créer par vous-même ? Vous faites donc partie des 61% de Français adeptes du Do It Yourself (Fais-le toi-même ou DIY), sachant qu’un sur 5 en a une pratique régulière. Phénomène de mode ou tendance durable ?

Pour le sociologue Michel Lallement, auteur de "L'âge du faire", cela ne fait aucun doute : « Le DIY, ou make, phénomène américain, est devenu un mouvement planétaire : il consiste à redécouvrir le plaisir de faire par soi-même ». Un point de vue approuvé par les Français, dont 93 % estiment que le DIY est bon pour le moral.




C’est aussi une réponse écologique concrète au gaspillage, illustrée notamment par l'upcycling. Ce mode de recyclage, qui consiste à transformer des déchets (morceaux de bois, de tissu, de métal...) en objets utiles et design, s’inscrit exactement dans la tendance lifehacker, qui cherche à réinventer les gestes et les objets de la vie quotidienne.

2 Comment passer du "Do It Yourself" au "Do It Together" ?

Certains verront dans le DIY une façon de vivre en autarcie. C'est bien le contraire qui saute aux yeux, quand on découvre l'effervescence qui règne dans les fablabs. Ces ateliers collectifs mettent à disposition de leurs visiteurs toutes sortes d’équipements, de la perceuse à l'ordinateur, en passant par les scies circulaires ou à ruban. On s'y retrouve pour bidouiller ensemble ("hacker" signifiant bidouilleur). 

Ces ateliers sont des laboratoires pour le monde de demain. Pas étonnant qu'en France, la plupart des grandes villes aient au moins un fablab. Marseille a son Lieu de Fabrication Ouvert et sa Fabulerie, Lyon sa Fabrique d’Objets Libres, Brest le TyFab, ou Grenoble la Casemate. 

Le mouvement des makers semble donc bien installé, et capable de bousculer toutes nos habitudes, porté par la volonté de (re)faire le monde ensemble. Concrètement, au lieu d'acheter une nouvelle lampe ou un nouveau meuble, pourquoi ne pas les fabriquer vous-même ? Il suffit de vous lancer dans une création personnelle ou de chercher l'inspiration sur Internet.

Astuces, gestes techniques et savoir-faire sont d’ailleurs partagés sur le net : on y trouve des milliers de tutoriels (vidéos explicatives faites par des amateurs) et de wikis (manuels d'apprentissage rédigés collectivement). Le Campus de Leroy Merlin s'inscrit pleinement dans cette tendance. Par exemple, la fiche "Réparer un meuble" vous donne des conseils pratiques pour faire vous-même. Et si vous souhaitez approfondir vos connaissances, ou acquérir un tour de main particulier, il vous est proposé de venir suivre un cours en magasin. Vous pouvez aussi vous faire conseiller par des amateurs passionnés, sur le forum de la Communauté Leroy Merlin.
L’atelier de fabrication partagée Draft. Crédit : Jules Hidrot
Des astuces à découvrir, ou à faire connaître, sur le site communautaire Wiki How.
Une centaine de cours pour se former vite et bien sont sur Campus.
Pour trouver un fablab près de chez vous, vous pouvez consulter la Carte des Labs sur Internet. Suivant les lieux, les équipements, et les éventuels abonnements, les tarifs de location seront très variables. Par exemple, une imprimante 3D sera louée entre 5 et 15 euros de l'heure, ou une découpe laser sera facturée de 15 à 45 euros de l'heure. 
Lieux de partage et de création collaborative, certains fablabs ne sont ouverts qu'aux étudiants, tandis que d'autres fonctionnent sur la base d'un abonnement annuel. 




Certains organisent des journées portes ouvertes qui permettent de découvrir les équipements et leurs conditions d'utilisation.

Pour des raisons de sécurité évidentes, certains équipements (scies à ruban, poste de soudage...) ne sont accessibles qu'avec l'accompagnement d'un moniteur du fablab.

Travail du bois, couture ou impression 3D, le partage des connaissances touche à tous les domaines de création dans les ateliers partagés.

Crédit : Jules Hidrot

3 De nouveaux lieux pour "faire ensemble"

Partout dans le monde, sans oublier les pays émergents, de nouveaux lieux apparaissent, exprimant la volonté de favoriser les rencontres, les échanges, la co-création et l'aide mutuelle. On peut ainsi réparer un équipement en panne dans des repair cafés, et se fournir dans des recycleries et ressourceries. Autres espaces de rencontre : les makers fair, sortes de foires, comme celle qui se déroulera à Paris, du 30 avril au 1er mai, avec le soutien de Leroy Merlin. De nombreux ateliers permettent de s'y faire la main.

Pour le grand public, les artisans et les PME, Leroy Merlin a également ouvert en automne 2015 un premier atelier collaboratif à Ivry-sur-Seine (www.techshoplm.fr), en partenariat avec le TechShop - spécialiste américain des communautés créatives.

Ouvert 7 jours sur 7, cet espace de 2000 m2, le plus grand d'Europe, propose une très vaste palette d'équipements de qualité professionnelle : 150 machines, de la découpeuse laser à la machine à coudre.

On peut potentiellement y réaliser tous ses projets de création ou de réparation, du plus simple au plus ambitieux, seul ou en groupe !

Si vous cherchez encore l'inspiration ou la motivation, n'hésitez pas à consulter sa page Facebook ou à vous inscrire à l'une des 70 formations. Leroy Merlin s’apprête à ouvrir un second Techshop, à Lille, fin 2016. Il sera doté de 150 machines, mises à disposition des particuliers « makers » et des start-up locales. 
Partout dans le monde, tout le monde peut se déclarer maker !
Crédit : Jules Hidrot

La ressourcerie La Rockette à Paris, qui propose à prix libre de nombreux objets inspirants et des ateliers pour tous les âges.




Au TechShop Leroy Merlin d'Ivry-sur-Seine, on trouve des outils sophistiqués, de l'imprimante UV à la découpeuse laser, à côté d'outils traditionnels (perceuses, ponceuses...).

4 De nouveaux outils pour de nouveaux usages

Plastique, bois, métal, cuir, verre, tissus... dans les ateliers collaboratifs, le rêve de travailler tous les matériaux devient réalité. En particulier grâce à ces outils spectaculaires que sont les imprimantes 3D, les découpeuses à laser ou les fraiseuses numériques. Le rêve des bricoleurs et autres makers ! Avec elles, on peut presque tout imaginer. Ces machines et ces ateliers deviennent aussi des points de rencontre, des lieux de partage d'expérience.

Comme l’explique Brice Dury, membre de Leroy Merlin Source, réseau de recherche Leroy Merlin, « Le nouveau mot-clé, c'est « mutualisation » : ce que je ne peux pas faire tout seul, on pourra le faire à plusieurs, en se répartissant les rôles et en partageant les coûts ». Et si on manque d'imagination ou de savoir-faire, il suffit de chercher dans des bibliothèques d'objets 3D en open source sur internet, comme Thingiverse.

Ces objets se construiront presque tout seuls, le fichier numérique sera simplement transmis à la machine qui saura en lire le plan. 

Au final, certains objets issus des « amateurs » sont commercialisés. D’ailleurs, près d’un tiers des Français qui pratiquent le DIY vend déjà ses créations ou se dit prêt à le faire. Alors, on s’y make ?
Créer des objets sortis tout droit de notre imagination devient aisé avec les imprimantes 3D.
LE DIY, bon pour le moral et pour le porte-monnaie ?