Le bricolage 3.0

L'art de bricoler au XXIe siècle

Faire soi-même, quel plaisir ! Ceux et celles qui apprécient le bricolage le savent : réparer ou construire un objet de ses propres mains apporte une grande satisfaction. Concentré, le bricoleur se détache de l’extérieur et peut entrer dans un état proche de la méditation appréciable dans un monde où tout s'accélère, souligne le philosophe Matthew Crawford. Le bricoleur s’amuse à résoudre le problème qui se pose à lui, avant d’éprouver fierté et autonomie devant le fruit de son travail.

 

Une activité qui se révèle par ailleurs économique et écologique, évitant de jeter des objets, d’en racheter, ou permettant d’en recycler pour en reconstruire de nouveaux. Bonne nouvelle, pour ceux qui ne savent pas planter un clou ou ceux qui ne disposent pas de l’espace ou du matériel nécessaire, il existe aujourd’hui une multitude de nouveaux lieux, services et groupes sociaux offrant à chacun la possibilité de se mettre au bricolage et de développer des compétences des plus simples aux plus pointues !

 

Réparer un réveil, construire un joli bureau en bois ou imprimer en 3D un objet design… voilà qui est désormais à la portée de tous !

 

De l'upcycling aux Repair Cafés : vers un monde zéro déchet

Les Repairs Cafés disent stop au tout jetable

L’idée est arrivée des Pays-Bas : créer des lieux dédiés à la réparation des objets du quotidien. Débarqués en France en 2013, les Repairs Cafés permettent de donner une seconde vie aux vêtements usés, petits appareils électroménagers et autres ordinateurs en panne. Un succès immédiat. Logique quand on sait que 70 % des appareils électroménagers déposés en décharge peuvent être réparés ! En moyenne, les deux tiers des objets apportés repartent d’ailleurs rénovés. (Crédit photo : Karen blakeman-flickr)

Aujourd’hui, on compte une centaine de Repairs Cafés en France, souvent animés par des bénévoles, qui transmettent aussi leurs connaissances en bricolage aux usagers de passage. Des Repairs Cafés temporaires, notamment chez Leroy Merlin, ou itinérants, ont aussi vu le jour.

Des tutos vidéos pour apprendre à construire des low-tech

Dans ce mouvement de slow consommation, qui consiste à éviter les achats et la pollution inutiles, des inventeurs s’emploient à développer des technologies simples, durables et accessibles à tous d’un point de vue économique et écologique. On parle de « low-tech », par opposition aux high-tech. Un exemple : des panneaux solaires thermiques qui peuvent être auto-construits pour chauffer son eau ou même sa piscine. L’association Low-tech Lab a mis au point une dizaine de tutos vidéos pour apprendre à tous à construire ces low-tech.

Les makerspace, des ateliers de création partagés

Si vous avez des envies créatives, il est aussi possible de vous rendre dans des « makerspace », des espaces de bricolage partagés et collaboratifs, comme les TechShop de Leroy Merlin. Ces espaces mettent à disposition du public de nombreux outils que même les bricoleurs les plus chevronnés n’ont pas forcément à domicile : scie à chantourner, fraiseuse à bois, ponceuse à tambour… Ces lieux sont aussi des espaces de partage : ils encouragent l'entraide entre passionnés et le personnel présent accompagne les participants dans leurs projets.

Ils s’adressent aussi bien aux entrepreneurs, aux designers, aux étudiants ou aux bricoleurs du dimanche. Selon ses projets, on peut y venir ponctuellement ou régulièrement dans l’année. Certains espaces sont gratuits, d’autres payants, à la séance, ou via un abonnement. De quoi développer des idées dans tous les domaines, bois, métal, textile, électronique... (Crédit photo : Shutterstock)

Upcycling ou impression 3D

Les plus écolos pourront par exemple se mettre à l’upcycling, un concept qui consiste à créer de nouveaux objets en détournant des déchets. Par exemple des meubles de jardin avec des palettes en bois, ou un fauteuil avec une ancienne Vespa ! Ces lieux offrent aussi l’occasion de s’initier à l’impression 3D. Le principe est assez simple : via la conception assistée par ordinateur (CAO), les plans de l’objet désiré sont transmis à une imprimante qui va superposer des couches les unes sur les autres d’un mince filament chauffé, ramolli et ensuite solidifié, donnant naissance à un objet en trois dimensions (on parle aussi de « fabrication additive »). (Crédit photo : Shutterstock)

Des luminaires aux vases, des petits meubles aux sculptures… Presque tous les objets de la maison (et même les maisons elles-mêmes) peuvent êtres imprimées en 3D. Et pour s’initier, sachez qu’il existe même des fichiers déjà prêts à télécharger, à personnaliser. Offrir un atelier bricolage, voilà enfin une bonne idée pour encourager vos proches à se lancer !