Jardinage naturel

Tondre la pelouse, tailler des arbres ou des haies produisent toujours un important volume de déchets. Il est possible de les laisser en tas et attendre que la nature agisse. Mais il faut pour cela de la place et de la patience, les branches mettant plusieurs mois pour se décomposer totalement.
Le compostage est, pour le sol, l'art de bien accommoder les restes. Faire son compost présente plusieurs avantages. D'une part, on réduit le volume d'ordures ménagères à faire collecter, d'autre part, on nourrit son jardin.
Le compost est un mélange de matières organiques "digérées" par des micro-organismes, des vers et autres êtres vivants du sol en présence d'eau et d'oxygène. Le résultat est un produit comparable à de l'humus formant un amendement très utile en agriculture pour maintenir un sol fertile et sain.
L'aspect du compost est homogène, sa couleur sombre et il en émane une agréable odeur de forêt. Il peut être incorporé en couches minces au sol ou en terreau comme support de culture, après mélange avec de la terre.
Selon les cultures, la dose annuelle à apporter au sol varie de 1 à 5 kg/m².
Les épluchures, fanes de légumes, restes de viande, marc de café, sachets de thé, coquilles d'oeufs.
Ainsi que les papiers journaux et essuie-tout usagés.
Les tontes de gazon, feuilles et fleurs fanées, les mauvaises herbes et fruits attaqués par les oiseaux.
Sans oublier les copeaux de broyeur (voir ci-dessous).
Les rameaux, les tailles de rosiers ou de fruitiers, les aiguilles de pin et les feuillages durs (lauriers, rhododendrons, magnolias).
Les feuilles de végétaux malades, les déchets de pain qui moisissent, la sciure.
Les mauvaises herbes qui s'enracinent facilement (chiendent, liseron) ou celles en fleurs. En effet, toutes les graines de plantes indésirables se conserveraient très bien dans le compost.
On réalise un compost dans un composteur réceptacle de 400 litres et plus. On a l'habitude de calculer un volume d'environ un mètre cube pour une centaine de m² de jardin. Plusieurs matériels sont proposés dans le commerce, en bois, plastique ou treillis.
Tous permettent de former, en quelques semaines, un excellent compost.
Deux à trois bacs peuvent s'avérer intéressants pour absorber le volume des déchets, gérer les différentes étapes de maturation et avoir de la réserve.
Il est possible de récupérer des palettes en bois ou assembler des planches ou des rondins, en préservant entre chacun un à deux centimètres d'espace pour la ventilation. La face avant amovible facilite les retournements du tas. Disposer un couvercle sur l'ensemble.
Un treillis quadrillé d'un mètre de hauteur est disposé en cercle. Le diamètre est fonction du volume à traiter. Pour 200 litres, le diamètre sera de 50 cm. Sur la face interne du treillis, disposer une feuille de plastique noir ou une toile perforées.
Le compostage est facile à mettre en oeuvre. Placer de préférence les bacs dans une partie mi-ombrée ou ombrée du jardin, à l'abri du vent. Le compostage doit s'effectuer à même le sol pour faciliter la colonisation des différents organismes, vers de terre et autres insectes. Étendre de la paille ou des branchettes entre le sol et le compost sur une dizaine de centimètres de hauteur pour favoriser l'aération.
Les déchets sont introduits dans le composteur dont les parois ajourées laissent circuler l'air. Le chargement se fait par le haut, en couches successives.
Les différents déchets secs et humides sont bien mélangés pour préserver l'équilibre entre les apports carbonés et les apports azotés.
Par déchets carbonés, on entend les tailles, branches, paille, écorces, feuilles mortes, copeaux, herbes sèches, papiers journaux et essuie-tout usagés.
Les déchets azotés sont au contraire riches en eau ; ce sont les déchets de cuisine, tontes de gazon, pousses vertes, restes de repas...
Le bon rapport est de 20% pour le carbone, 80% pour l'azote.
Le tout doit être bien humidifié au démarrage (un arrosoir de 10 litres suffit), mais non tassé et jamais détrempé. La qualité du compost résulte d'un brassage régulier qui évite le pourrissement (et les mauvaises odeurs) tout en favorisant l'aération.
.À l'intérieur, les micro-organismes s'attaquent aux déchets de la même façon que dans la nature.
La chaleur dégagée par le processus de décomposition accélère le phénomène. Le compostage se fait tout seul !
On peut enrichir le compost d'éléments organiques ou minéraux : poudre de corne, de roche ou d'algues marines, farine d'os, guano, cendres de bois (en petite quantité)...
On peut aussi hâter le phénomène de décomposition en ajoutant tous les 20 cm d'épaisseur un accélérateur naturel : fumier, humus forestier, décoction d'orties, de pissenlit, de prêle ou de camomille.
Au bout de quelques semaines, introduire des lombrics trouvés dans le jardin.
Suivant les saisons, il faut de 4 à 10 mois pour que le compost soit disponible, la durée variant aussi selon la nature des déchets.
La technique consiste à broyer très finement les brins d'herbe.
Une lame spécifique maintient l'herbe coupée en suspension sous le carter de la tondeuse, de façon à ce que celle-ci soit hachée plusieurs fois. Laissés sur le sol, les brins se décomposent lentement pour enrichir le sol en matières organiques.
En contrepartie, il faut passer le scarificateur quatre fois par an au lieu de deux, de façon à éliminer le feutrage qui se forme et à aérer le sol.
Beaucoup de tondeuses sont maintenant proposées avec un kit mulching qui rend la machine polyvalente.
Cette technique est efficace pour peu que vous interveniez lorsque la pelouse n'est ni trop haute ni trop dense. Cela suppose de tondre deux ou trois fois par semaine en période de pousse.
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