Bien isoler pour chauffer intelligent
Comment isoler ?
Le transfert de température s'effectue toujours d'une zone chaude vers une zone froide.
Dans un logement, la chaleur s'échappe en 3 phénomènes principaux :
Convection : circulation de l'air provoquée par une différence de température (l'air chaud monte).
Conduction : transmission de la chaleur entre deux corps en contact.
Rayonnement : transmission de la chaleur entre deux corps sans contact entre eux.
On isole en arrêtant ces 3 phénomènes :
- On arrête les mouvements d'air de la convection en remplissant les creux et les cavités avec des matériaux étanches à l'air.
- La conduction est freinée en créant une barrière isolante.
- On limite le rayonnement en utilisant des parois faiblement émissives tel que le métal poli.
Bon à savoir : Une ventilation haute et basse ou une ventilation mécanique contrôlée (VMC), permettant le renouvellement de l'air, est toujours indispensable et évite la condensation ou les moisissures.
Différents isolants
L'air est le meilleur isolant à condition qu'il reste stable et forme une enveloppe continue et immobile ce qui est bien sûr difficile dans une maison.
On utilise des matériaux spécifiques pour éviter des déperditions de chaleur:
- Laines minérales
Obstacle aux flux thermiques, aux échanges entre chaud et froid et absorbe les ondes acoustiques. Parmi les laines minérales, on distingue les laines de verre et les laines de roche.
- Laine de verre (à base de sable)
Matelas de laines enchevêtrées qui emprisonnent l'air. Très bon isolant du froid, du chaud et du bruit.
- Laine de roche
Matelas de laines enchevêtrées qui emprisonnent l'air. À faible densité, la laine de roche se présente sous forme de rouleaux faciles à adapter aux différentes dimensions. À haute densité, elle prend la forme de panneaux lisses et rigides, très résistants. Très bon isolant du froid, du chaud et du bruit.
- Polystyrène expansé
Multitude de billes liées entre elles par compression lors du moulage qui emprisonnent l'air sec immobile. Qualités de légèreté et de résistance mécanique élevée. Constituée à 98% d'air, c'est un matériau très léger, facile à travailler et économique.
- Polystyrène extrudé
Mousse plastique à structure cellulaire fermée avec un pouvoir isolant et une résistance mécanique supérieure au polystyrène expansé.
- Vermiculite
Roche naturelle exfoliée à haute température.
- Isolant mince multiréflecteurs
En été, ils renvoient le rayonnement solaire vers l'extérieur et en hiver, ils restituent la chaleur émise vers l'intérieur des pièces.
Bon à savoir: Les isolants minces sont composés de matériaux garantis sans amiante et sans fibre irritante. Efficacescontre l'humidité et la vapeur d'eau. Les performances thermiques obtenues sont équivalentes pour certains à une laine minérale de 2 cm d'épaisseur. En revanche, ils sont inefficaces d'un point de vue acoustique.
Choix d'un isolant
Pour l'isolation des sols et planchers, la laine minérale est très souvent utilisée.
Pose en 3 étapes
- Disposer la laine minérale entre les solives.
En sous-face, fixer les panneaux à l'aide de fixations au plafond. Pour finir, dérouler l'isolant sur l'ossature métallique avant de fermer avec des plaques de plâtre.
- Pièce chauffée : choisir une laine minérale revêtue d'un pare-vapeur, tourné vers la pièce chauffée. Dans le cas d'une pose de lambris ou de plancher, prévoir une isolation renforcée et mettre 2 couches de laine minérale en pose croisée.
- Employer des panneaux de polystyrène expansé ou extrudé posés jointivement sur une dalle existante puis recouverts d'une chape flottante qui accueillera le revêtement de sol.
- Enfin, des panneaux composites peuvent être employés en sous-face de plancher pour créer des plafonds nets et former une barrière thermique efficace.
Isolation des murs
Avant de commencer les travaux d'isolation des murs intérieurs, vérifier que les murs sont traités contre l'humidité. Choisir l'isolant en fonction de la nature et de l'état du mur (régulier ou irrégulier).
L'état du mur détermine le mode de fixation des panneaux isolants
- Collage sur support lisse et propre.
- Fixation sur ossature bois ou métal (murs irréguliers).
Le choix de l'isolant est fonction du type de finition souhaitée
- Panneaux composites : parement en plâtre cartonné associé à une plaque de polystyrène ou de laine de verre et offrent un confort maximum.
- Panneaux (fibre de verre) : rigides ou semi-rigides et revêtus d'un pare-vapeur, se posent directement contre la paroi par collage. Dissimulés ensuite par une contre-cloison.
- Isolants minces : polystyrène expansé en rouleau contrecollé sur carton ou aluminium ou polystyrène extrudé, en plaques (isolation déjà existante), pour une surface lisse idéale pour la pose ultérieure d'un revêtement mural.
Isolation du toit (combles)
- Laine de verre, matériau le plus utilisé.
- Selon son épaisseur, la résistance thermique est différente.
- Pose : pas de préparatifs particuliers.
- En revanche, les produits en granules (vermiculite et polystyrène en particules) obligent au préalable à vérifier l'état du support (suffisamment résistant pour supporter le poids de l'isolant).
Bon à savoir : Si les combles possèdent un plancher, il est également possible de dérouler une seule couche de laine de verre (épaisseur 2 cm) au sol, avec le pare-vapeur côté plancher.
Combles aménageables
Pour les utiliser comme pièce d'habitation, il est indispensable de poser un isolant directement sous la couverture, entre le chevronnage pour contenir la chaleur.
L'isolant à utiliser et le type de pose seront choisis en fonction de l'état et de la structure de la charpente (écartement, épaisseur, alignement des chevrons...). Une charpente régulière ne demande aucun préparatif particulier : insérer des panneaux de laine de verre entre les chevrons, en conservant une lame d'air entre les lattis et l'isolant.
Bon à savoir : Une solution en 2 couches croisées permet d'atteindre des performances thermiques plus élevées.
Conduit de cheminée et tuyaux
Isolation du conduit de cheminée
L'isolation du conduit ou de la hotte d'une cheminée, qu'elle soit à foyer ouvert ou fermé, se fait avec des matériaux ininflammables (classés M0 ) et à très haute tenue en température (600° en continu, 650° en pointe).
- Plaque de staff renforcé avec résistance mécanique importante et isolant laine de verre 30 mm d'épaisseur.
- Panneau de laine de roche résistant au feu, classé M0.
- Panneau de doublage de laine de roche.
Isolation des tuyaux
Isoler les canalisations de chauffage est important notamment lorsque les tuyaux traversent une cave ou un garage non chauffé car l'absence d'isolation peut être responsable de fortes pertes thermiques (20 à 25%).
Régulation, programmation : maîtriser sa consommation
Régulation
Configurations de régulation
- À gauche, la régulation se fait par une sonde extérieure associée à des robinets thermostatiques.
- À droite, la régulation est assurée par un thermostat d'ambiance dans la pièce à vivre et des robinets thermostatiques dans les autres pièces.
Gestion plus pointue
- La régulation du chauffage doit permettre d'atteindre et de conserver une température de confort sans intervention continuelle.
- Le régulateur est un outil de confort mais aussi d'économie dans la mesure où la quantité d'énergie dépensée correspond exactement aux besoins en chauffage.
- La régulation est contrôlée, soit grâce à une sonde extérieure ou à un thermostat d'ambiance qui agit sur la chaudière, soit localement, grâce à des robinets thermostatiques qui agissent sur les radiateurs.
Les 3 systèmes sont complémentaires
- Robinet thermostatique : régulateur d'ambiance autonome et local qui agit directement sur la diffusion de la chaleur.
- Thermostat d'ambiance : commande le fonctionnement de la chaudière afin de maintenir la pièce (dans laquelle il est installé) à la température sélectionnée. Les radiateurs de la pièce dans laquelle est installé le thermostat ne doivent surtout pas être équipés de robinets thermostatiques.
- Horloge de programmation : équipe certains thermostats d'ambiance et permet de moduler les températures en fonction de la présence.
Principe de fonctionnement
- La régulation vise à maintenir la température à une valeur constante, la programmation permet de faire varier la température en fonction des besoins et de l'occupation du logement.
Le programmateur permet d'adapter la bonne température en fonction des habitudes de vie.Il s'agit d'une sorte d'horloge qui commande le chauffage d'après les indications qui lui ont été données.
- Par écran digital le plus souvent, reprenant les jours et heures de la semaine.
- Par programme ou carte préenregistrée.
Programmation
Journalière
Sur la base de 24 h, choisir une température par créneau horaire en fonction du rythme de vie.
Solution adaptée à un logement à occupation régulière durant toute la semaine.
Hebdomadaire
Choisir une température selon les heures et les jours d'occupation du logement.
Solution intéressante lorsque les occupants du logement travaillent pendant la semaine.
Bon à savoir : Comme pour le chauffage électrique, il est possible d'envisager une programmation du chauffage journalière ou hebdomadaire sur une installation de chauffage central. La programmation est souvent intégrée sur les chaudières haut rendement.
Recommandations
- Les planchers chauffants à accumulation ne se programment pas compte tenu de l'inertie du système.
- Pour les planchers rayonnants, il n'est pas recommandé d'installer un programmateur.
- Pour optimiser la régulation du chauffage central, veiller à ce que l'écart entre les températures de présence (ex : 19°C) et d'absence (ex : 14° C) ne dépasse pas 5° C.
Bon à savoir : La télécommande par téléphone, adaptée à tous les types de chauffage, permet de composer le numéro de téléphone de l'habitation, puis de composer sur le clavier les codes qui seront interprétés par la télécommande (mise en marche permanente du chauffage, mise en marche temporaire ou arrêt...).
Entretien
Locataire ou propriétaire, l'entretien de l'installation de chauffage est obligatoire.
La souscription d'un contrat d'entretien, quant à elle, ne l'est pas même si elle est fortement recommandée.
Radiateurs électriques
- Débrancher l'appareil avant toute opération d'entretien.
- Ne jamais démonter l'appareil soi-même.
- Dépoussiérer les grilles des appareils muraux (convecteurs, panneaux rayonnants...) deux fois par an.
- Nettoyer les bouches d'aération régulièrement afin que l'air circule en permanence dans ces appareils.
Chaudières et équipements
Pour l'entretien de la chaudière, prendre rendez-vous avec un chauffagiste avant l'hiver.
Cet entretien annuel est obligatoire pour la validation du contrat d'assurance habitation.
- Nécessite un entretien des appareils plus important que pour une installation au gaz (nettoyage de la chaudière, réglage de la combustion et de la régulation).
- Le conduit de fumée s'encrasse lui aussi davantage : un ramonage annuel s'impose.
- Faire contrôler la cuve à fioul tous les 15 ans pour juger de la nécessité d'un nettoyage.
- Avec le temps, un dépôt peut se former au fond du réservoir ce qui augmente le risque d'encrassage des filtres.
Bon à savoir: De part la nature du combustible, le brûleur a tendance à s'encrasser davantage qu'avec une autre énergie. Il doit donc faire l'objet d'un nettoyage et d'un réglage annuel pour préserver rendement et économie (on peut réaliser jusqu'à 10% de gain par rapport à une chaudière mal entretenue).
Au gaz naturel
- Les fumées de combustion du gaz naturel sont très peu polluantes et n'encrassent pas ou très peu le conduit de cheminée.
- Il est, cependant, prudent de faire contrôler le conduit régulièrement pour faire un ramonage ou faire vérifier que les oiseaux n'ont pas décidé d'y loger.
- Le simple changement du brûleur peut remettre une chaudière à neuf.
- Quant à la purge des radiateurs, elle ne doit se faire que si le besoin s'en fait ressentir.
Au gaz propane
- L'entretien de la chaudière et des radiateurs est le même que pour une installation au gaz naturel.
- Par ailleurs, un entretien périodique du réservoir, qu'il s'agisse d'un stockage aérien ou enterré, est imposé par la réglementation.
- Le livreur procèdera à un contrôle lors de chaque remplissage de la citerne.
Cheminées et conduits
Lorsqu'on se chauffe au bois, il est essentiel de surveiller et de faire ramoner le conduit de la cheminée régulièrement.
- Une fois par an dans la cas d'un foyer ouvert.
- Deux fois par an dans le cas d'un foyer fermé : une fois en plein coeur de l'hiver, une seconde fois en fin de saison froide.
Par sécurité, il est important que le conduit :
- N'emmagasine pas trop de dépôts de suie.
- Ne soit pas fissuré : une fissure du conduit pourrait provoquer une fuite des fumées et gaz de combustion dans les pièces qu'il traverse.
- Soit isolé convenablement pour éviter toute transmission de chaleur.
Dans le cas d'un insert, les systèmes de ventilation annexée au foyer ou les stabilisateurs de tirage, proposés par les fabricants, n'épargnent pas un entretien manuel des vitres.
Bon à savoir: Le certificat de ramonage précise le ou les conduits qui ont été ramonés et atteste notamment de la vacuité du conduit sur toute sa longueur.