DES IDÉES...
Toute l'année, le confort au degré près
Nous voulons tous une maison bien chauffée l'hiver et fraîche l'été. Nous aimerions aussi que la facture soit la moins chère possible et que les systèmes permettent de régler la température pièce par pièce ou au moment désiré. Les solutions qui répondent à nos nombreuses exigences sont variées. Avant d'en faire le tour, nous vous proposons également de faire celui de votre maison. Est-elle bien isolée ? Bien aérée ? Comment est-elle orientée ? De cela aussi dépendent notre confort et la santé de la planète...

Projet réalisé par A. Gomis. Illustrations : M. Laurent.


> QUELQUES GENERALITES
> UNE BONNE ISOLATION
> UNE BONNE AÉRATION
> LES CONSEILS DE L'EXPERT
> POUR DES HIVERS DOUILLETS
> DES ÉTÉS TOUJOURS FRAIS
> LES SYSTEMES REVERSIBLES


QUELQUES GENERALITES

Pour obtenir facilement une température confortable tout au long de l'année, il faut, dès le départ, tenir compte de plusieurs paramètres : orientation de la maison, épaisseur des murs, aération et isolation... Posez-vous les bonnes questions.


1. Le confort thermique
Qu'est-ce que c'est ?

Vous avez parfois l'impression d'avoir trop chaud ou trop froid, d'être au sec ou, au contraire, dans une atmosphère humide... Toutes ces appréciations varient d'un individu à l'autre en fonction de son métabolisme, de son activité ou des vêtements qu'il porte...


Les échanges thermiques

Ces sensations de confort ou d'inconfort sont dues à des échanges calorifiques qui ont lieu entre votre corps et l'air qui vous entoure.

Ils sont de plusieurs natures :

1 > La conduction : il s'agit du contact direct avec une surface (les murs, le sol, une matière). Ainsi, lorsque vous marchez pieds nus sur du carrelage, matériau très conducteur, il paraît toujours frais.
2 > La convection : elle concerne la circulation de l'air. Ainsi, l'air chaud, plus léger que l'air froid, monte. Par exemple, vous aurez la sensation d'avoir plus chaud sur une mezzanine que si vous êtes installé dessous.
3 > Le rayonnement : il s'agit de la chaleur emmagasinée par un élément et restituée ensuite sous forme de rayons infrarouges. Par exemple, un mur exposé au soleil pendant la journée diffusera de la chaleur dans la soirée.Le rayonnement : il s'agit de la chaleur emmagasinée par un élément et restituée ensuite sous forme de rayons infrarouges. Le rayonnement : il s'agit de la chaleur emmagasinée par un élément et restituée ensuite sous forme de rayons infrarouges.

2. Bien penser la maison

Au moment de la construction ou de la rénovation de la maison, il est possible d'agir à plusieurs niveaux en faisant les bons choix.

Le terrain : il doit être, de préférence, bien dégagé et situé dans une zone où l'air circule naturellement et facilement.

L'orientation des façades de la maison sera déterminée en fonction des trajectoires hivernales et estivales du soleil.

1 > Au nord : la façade n'est jamais directement exposée aux rayons du soleil, et est donc très défavorable d'octobre à avril. Il vaut mieux l'éviter pour la façade principale.
2 > Au sud : la façade bénéficie d'un grand ensoleillement toute la journée. Cette orientation est intéressante si vous souhaitez privilégier les surfaces vitrées, à condition de prévoir des systèmes de protection pour l'été. En hiver, les rayons du soleil, plus bas, pénètrent dans la maison et constituent un apport de chaleur intéressant.

La végétation : des arbres ou des haies autour de la maison protègent du vent et du soleil.

Le bâtiment : il doit être compact pour limiter les surfaces en contact direct avec l'extérieur. Des ouvertures prévues sur les deux façades opposées de la maison offrent de très bonnes possibilités de ventilation et donc davantage de confort en été.

L'isolation : lorsqu'elle est efficace, elle permet de limiter les échanges thermiques entre l'intérieur et l'extérieur.

L'aération : elle est indispensable pour maintenir une habitation saine.

Le chauffage : il doit être adapté au plus près de vos besoins pour limiter le plus possible les dépenses d'énergie.


UNE BONNE ISOLATION

En hiver, une isolation efficace fait barrière au froid, en été, elle empêche l'air chaud d'entrer. quels sont les points les plus faibles de la maison auxquels il faut particulièrement veiller et qui, en plus, permettent de faire des économies ?


1. Les zones sensibles
Votre habitation est constituée de surfaces pleines (murs, planchers, toiture) et de surfaces vitrées. Toutes les surfaces de la maison en contact direct avec l'extérieur, en d'autres termes son enveloppe, nécessitent une attention particulière. Leur isolation est essentielle.

La toiture : elle est spécialement sensible aux déperditions de chaleur puisque l'air chaud, plus léger que l'air frais, s'élève naturellement ; s'il ne rencontre pas d'obstacle, il s'échappe vers l'extérieur.

Les murs de façade : ils sont en contact direct avec l'extérieur.


Les planchers : ils sont concernés lorsqu'ils sont situés au-dessus de pièces non chauffées (cave, garage, vide sanitaire...).

Les fenêtres : le vitrage ne fait pas forcément rempart au froid. Même chose pour la menuiserie, qui peut laisser passer de l'air.

Les ponts thermiques : ils représentent les points faibles d'une maison, même bien isolée. Ils sont situés là où le pouvoir isolant de la paroi est localement diminué (voir schéma ci-contre).


2. Les solutions
La toiture

Les combles habitables : il faut isoler la sous-face de la toiture en laissant une lame d'air entre l'isolant et la charpente (voir page ci-contre). Pour gagner de la place : beaucoup moins épais qu'un isolant traditionnel, l'isolant mince permet de gagner de l'espace. Réfléchissant, il fonctionne comme une couverture de survie : en hiver, il retient la chaleur ; en été, il repousse les rayons solaires.

Les combles perdus : il est inutile d'isoler la sous-face de la toiture puisque les combles ne sont pas chauffés. En revanche, il faut isoler le plancher qui sépare les combles du reste de la maison.


Les murs de façade

Il existe deux techniques pour les isoler.

Côté intérieur : son défaut est de ne pas corriger le pont thermique à la jonction du plancher et du mur extérieur (voir schéma).

Côté extérieur : elle fait obstacle aux ponts thermiques puisque l'isolant reste continu sur le mur extérieur (voir schéma).

Les planchers

Leur isolation dépend de la destination des zones qu'ils séparent.

Sur terre-plein : l'isolant se place entre la dalle et la chape.

Sur une zone non chauffée : même procédé, auquel il faut ajouter un isolant sous le plancher.


Les fenêtres

Elles doivent être équipées d'un vitrage performant.

Le double vitrage : une lame d'air (de 12 à 16 mm d'épaisseur) est emprisonnée entre deux vitrages. Plus elle est épaisse, plus le vitrage est isolant. Les pertes de chaleur sont réduites d'environ 40 %.

Le double vitrage à isolation renforcée (VIR) : sa face intérieure est recouverte d'un revêtement à base d'argent, ultrafin et transparent, qui augmente de 20 à 30 % les performances du double vitrage.


UNE BONNE AÉRATION

Pour que l'air soit toujours confortable, ni trop sec ni trop humide, la maison doit respirer. Des points d'entrée et de sortie permettent à l'air de se renouveler... sans pour autant modifier la température.


1. Les sources d'inconfort
Les mouvements de l'air


Plus les systèmes d'isolation sont performants, plus nos habitations sont hermétiques. Or, la maison a besoin de respirer en recevant de l'air neuf de l'extérieur, notamment pour éviter les problèmes d'humidité.

Mais ces mouvements d'air, indispensables, ne doivent pas créer d'inconfort en modifiant la température des pièces. Des systèmes d'aération doivent être impérativement mis en place pour réguler les flux d'air entrant dans les pièces.

En été, ces mouvements d'air sont appréciables : ils contribuent au bien-être même s'ils n'abaissent pas la température ambiante. Il faut prévoir des fenêtres sur deux façades opposées.

L'humidité


Un air chargé d'humidité modifie la perception de la température dans une pièce, qu'elle soit trop chauffée ou pas assez. Idéalement, le taux d'humidité doit se situer entre 40 et 50 %. Au-delà de 50 %, l'air est trop humide ; en dessous de 40 %, il est trop sec. Nos activités (cuisson, douche, repassage ou séchage de vêtements...) génèrent, par exemple, de la condensation, qui se traduit sous forme de buée sur les vitres et de gouttelettes sur les parois. Pour limiter ou réduire le taux d'humidité, il faut équiper la maison de dispositifs d'aération efficaces.


2. Comment les maitriser ?
Des systèmes adaptés

L'aérateur : il s'installe sur une vitre, un mur ou un plafond. S'il est placé sur une vitre ou un mur de façade, l'évacuation de l'air se fait par intermittence (l'interruption s'effectue mécaniquement). S'il est placé sur un mur à l'intérieur de la maison, l'évacuation nécessite la présence d'une gaine reliée à l'extérieur et s'effectue en continu.

La hotte : placée au-dessus du poste de cuisson, elle sert à évacuer les vapeurs, odeurs et fumées, tout en renouvelant l'air ambiant.

La ventilation mécanique contrôlée (VMC) : son principe consiste à renouveler l'air de toute la maison en continu. L'air venant de l'extérieur pénètre par des grilles d'aération placées en partie haute des pièces sèches (séjour, chambres...). L'air vicié est évacué par les pièces humides à travers des bouches d'aération. Il est aspiré au moyen d'un système motorisé avant d'être enfin rejeté vers l'extérieur par un conduit.

Les équipements complémentaires

Si l'air est trop sec ou trop humide, il existe des moyens de l'équilibrer.

L'hygromètre : c'est l'instrument idéal pour établir un diagnostic.

L'humidificateur : il s'agit d'un appareil de petit format à poser sur un meuble ou une table. Il rétablit le taux d'humidité à l'intérieur d'une pièce en projetant de la vapeur froide ou tiède. Il est adapté pour des pièces d'une surface de 35 m2 maximum.

Le déshumidificateur : il s'agit d'un appareil plus encombrant. Une fois aspiré, l'air passe dans un évaporateur, qui recueille l'excès d'humidité et le refroidit. L'air ressort ensuite déshumidifié. Il est efficace pour des surfaces allant jusqu'à 180 m2.


LES CONSEILS DE L'EXPERT

Bruno Peuportier, spécialiste en éco-conception des bâtiments, est chercheur à l'École des Mines de Paris. Il nous donne quelques conseils pour que notre maison soit confortable, économe en énergie et respectueuse de l'environnement.

Nos consommations d'énergie ont-elles un impact dans les dérèglements climatiques ?

Le secteur des bâtiments représente 25 % des émissions de gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques. Nos choix, au quotidien, sont donc essentiels pour les réduire : il vaut mieux se chauffer à 20 °C plutôt qu'à 23 °C, bien isoler son logement et utiliser des énergies renouvelables pour concilier confort, écologie et économie.

L'électricité est-elle toujours l'énergie la plus chère ?

Les convecteurs électriques coûtent moins cher qu'une chaudière, à l'investissement et à l'entretien. Mais, un kWh électrique coûte environ trois fois plus cher qu'un de gaz ou de fioul : il faut donc tenir compte de l'achat du système et de son exploitation. Une chaudière collective est souvent moins chère qu'un système électrique individuel dans chaque appartement. Concernant les autres énergies, le chauffage au bois, en zone rurale, est en général économique. Certains réseaux de chaleur utilisent d'autres sources d'énergie, comme la géothermie ou l'incinération des déchets : il faut donc comparer les coûts au cas par cas.

Comment assurer une bonne ventilation dans un logement de plus en plus hermétique ?

Les logements sont de plus en plus hermétiques, ce qui est une bonne chose. En effet, la ventilation ne doit pas être assurée par des fuites d'air aléatoires, mais par des entrées d'air bien dimensionnées : 30 m3/h pour le séjour et la première chambre, 15 m3/h pour chaque pièce supplémentaire. La ventilation mécanique « à double flux » est également une solution très intéressante, car elle associe la qualité de l'air et l'économie d'énergie. Elle consiste à préchauffer l'air neuf dans un échangeur qui récupère les calories de l'air vicié.


Quels sont les qualités et les défauts des systèmes réversibles ?

La climatisation réversible assure un confort en toute saison, mais elle génère des impacts sur l'environnement : gaz à effet de serre contenus dans les appareils et déchets radioactifs issus de la production d'électricité. Il vaut donc mieux limiter son usage en utilisant des protections solaires l'été (volets ou stores) et en ventilant la nuit. Le puits canadien ou provençal est une bonne alternative à la climatisation réversible. Ce système, non motorisé, diffuse une brise rafraîchissante sans exagération à l'intérieur de la maison. Le principe consiste à refroidir ou à réchauffer de l'air dans des conduits enterrés.

À quoi ressemblerait la "maison idéale" en matière de respect de l'environnement, d'économie d'énergie, etc. ?

Les maisons les plus performantes ont été construites en Allemagne, à Freiburg. Très bien isolées et mitoyennes pour réduire les surfaces extérieures et donc les pertes de chaleur, elles ont de grandes baies vitrées au sud et des petites fenêtres au nord (les murs opaques étant plus isolants). Leurs besoins en chauffage sont seulement de 15 kWh par an et par m2 : comparez avec votre facture ! L'eau chaude est assurée à 50 % par un chauffe-eau solaire. De plus, des modules photovoltaïques en toiture génèrent de l'électricité. Globalement, ces maisons produisent davantage d'énergie qu'elles n'en consomment, si bien que le surplus d'électricité produit est revendu.


POUR DES HIVERS DOUILLETS

Fioul, gaz naturel, électricité ou énergies renouvelables... laquelle choisir et quelle installation vous faut-il ? Comment faire pour vous chauffer à la bonne température et seulement quand vous en avez besoin ?


1. Quelle énergie choisir ?
Une réflexion nécessaire

En hiver, le chauffage est un élément clé du confort. Il faut néanmoins savoir que notre consommation quotidienne en énergie n'est pas sans risques sur notre environnement, puisqu'elle pollue et produit des déchets. Rappelons que 47 % de l'énergie produite en France est consommée pour nos besoins domestiques.

Les plus répandues

Le fioul : il est aujourd'hui moins polluant, puisqu'il est mieux traité en raffinerie et qu'il peut contenir moins de paraffine (fioul vert). Son coût d'investissement est élevé, puisqu'il doit être stocké dans une cuve. C'est pourtant l'une des énergies les moins chères : le prix du kWh est d'environ 0,03 e (même s'il subit les variations du prix du pétrole).

Le gaz naturel : peu polluant et pratique, puisqu'il n'a pas besoin d'être stocké. Son coût d'exploitation est très compétitif : le prix du kWh est d'environ 0,04 e. Si vous n'êtes pas raccordé au réseau de gaz, vous pouvez stocker du propane à l'extérieur, qui offre les mêmes performances.

L'électricité : avant tout pratique (il suffit d'être raccordé au réseau), elle reste la plus chère. Cependant, il existe des solutions intéressantes, tels les tarifs « Heures creuses » ou « Tempo » : le coût du kWh est d'environ 0,06 e en heures creuses et environ 0,10 e en heures pleines.

À noter : les prix cités ci-dessus comprennent le montant de la facture d'énergie et celui du rendement global de l'installation.

Les énergies renouvelables

Le bois : c'est l'énergie naturelle la moins souple, car le bois présente des impératifs d'approvisionnement et de stockage importants. Il est plus approprié en milieu rural. Le coût du kWh est d'environ 0,05 e.

Le soleil : très écologique (il n'entraîne aucune combustion), il est, de plus, disponible gratuitement. Toutefois, il ne faut pas l'envisager comme unique source de chauffage, surtout au nord de la Loire.

Le sol : la terre est un réservoir naturel de chaleur alimenté par le rayonnement du soleil. La géothermie permet de récupérer ces calories et de les restituer dans votre maison, mais il faut savoir que sa mise en place est contraignante


2. Le chauffage central

Un système complet

Fonctionnant au gaz ou au fioul, une chaudière chauffe de l'eau qui circule dans un réseau de tuyaux en circuit fermé, alimentant deux types d'émetteurs, un plancher chauffant ou des radiateurs. Ce type de chauffage nécessite un investissement de départ assez onéreux.

Les chaudières

La plupart d'entre elles sont « mixtes », c'est-à-dire qu'elles produisent également de l'eau chaude sanitaire. Elles sont aujourd'hui moins polluantes, plus économes et silencieuses.

À basse température (gaz ou fioul) : fonctionnant à température plus basse (40/50 °C) que les chaudières classiques (60/75 °C), elles sont plus économes en consommation (de l’ordre de 12 à 15 %).

À condensation (gaz uniquement) : les gaz de combustion sont condensés en vapeur d'eau qui sera utilisée sous forme d'énergie, d'où une forte économie de combustible. Ce type de chaudière offre une meilleure performance, de 15 à 20 %, qu'un modèle standard.

Modulantes (gaz et fioul) : elles sont équipées d'un brûleur « modulant » qui adapte sa puissance selon la demande en chaleur. La chaudière fonctionne ainsi à 90 % du temps en allure réduite. Elles se classent parmi les chaudières les moins gourmandes et les plus silencieuses.


Les émetteurs de chaleur

Les radiateurs : préférez les modèles à chaleur douce, dont l'eau de circulation est à 50 °C (contre 80 °C pour les modèles standards). Ils diffusent une chaleur plus homogène, plus saine et plus économique.

Le plancher chauffant : l'eau chaude circule dans un réseau de tubes noyé dans le sol. La température en surface ne doit pas excéder 28 °C pour offrir une chaleur homogène et douce. Cette solution présente l'avantage de libérer les murs, et donc de l'espace.


3. Le tout-électrique
Ce système a des avantages, dont un investissement initial modéré et une installation facile, mais son coût d'exploitation est assez élevé.

Le convecteur : il donne une impression de chaleur ponctuelle. Il est à proscrire pour les grands volumes.

Attention ! Ce produit est l'un des moins onéreux du marché, mais il est très gourmand en énergie.


Le panneau rayonnant : il contient une plaque de résistance qui diffuse, par rayonnement, une chaleur douce et continue.

L'accumulateur : cet appareil à poser au sol est très économe, puisqu'il restitue le jour la chaleur accumulée la nuit, pendant les heures creuses.

Le plancher chauffant : il s'agit d'un réseau de câbles électriques noyé dans le sol. Il diffuse la chaleur de la même manière que celui d'une installation de chauffage central.

Le plafond rayonnant : des feuilles chauffantes sont collées sur des panneaux isolants fixés au plafond. Ce système, adapté à des pièces de grande hauteur, diffuse la chaleur par rayonnement.


4. Les énergies renouvelables

Le chauffage au bois

Il couvre rarement la totalité de vos besoins et est donc, en général, associé à un autre système de chauffage. Il existe plusieurs appareils.

La cheminée ouverte : elle est très conviviale, néanmoins, les déperditions de chaleur sont assez importantes et vous n'en profitez que quelques heures sans la recharger en bois.

L'insert : il s'installe dans le foyer de la cheminée. Son principe est de diffuser la chaleur par convection. L'avantage est qu'il peut fonctionner pendant au moins 10 heures sans être rechargé en bois.

Le poêle : de plus en plus performant, il diffuse la chaleur par rayonnement et fonctionne de 5 à 12 heures sans être rechargé en bois.


Le système solaire combiné

Ce système chauffe à la fois la maison et l'eau sanitaire. Des capteurs solaires contiennent un fluide frigorigène qui, une fois réchauffé, parcourt un circuit de tuyauterie relié aux émetteurs de chaleur.

Ce système peut couvrir entre 25 et 60 % de vos besoins énergétiques annuels en fonction de votre région et de l'importance de votre installation. C'est pourquoi il est, en principe, recommandé de l'associer avec celui du chauffage central.


5. Maîtriser la température
Des systèmes bien pensés

Votre installation nécessite, pour être vraiment performante, des équipements complémentaires qui permettent de gérer le niveau de température dans les pièces. Sachez qu'un degré de trop équivaut à 7 % de consommation d'énergie en plus.

La régulation

Ce principe permet de réguler le chauffage de la maison à partir d'une température de référence choisie. Il permet de réaliser des économies d'énergie et fonctionne avec un thermostat.

Le thermostat individuel : la plupart des appareils en sont équipés. Intégré aux appareils de chauffage électrique, il se présente sous la forme d'un robinet thermostatique sur les radiateurs de chauffage central. Le thermostat d'ambiance : il est le « cerveau » de l'ensemble de votre installation. Une fois paramétré, il agit pour modifier la température. Il doit être installé dans la pièce à l'intérieur de laquelle la température est celle de référence, et placé à environ 1,50 m du sol, dans un endroit non soumis aux variations de température. Dans le cas d'un chauffage électrique, les émetteurs de chaleur doivent impérativement être équipés d'un « fil pilote » qui les relie au thermostat d'ambiance. Dans le cas d'une installation de chauffage central, il suffit simplement de brancher le thermostat sur la chaudière.

La sonde extérieure : placée à l'extérieur de la maison, elle est reliée au thermostat d'ambiance auquel elle communique la température extérieure, qui devient la température de référence. Ensuite, le thermostat d’ambiance joue son rôle pour réguler la température intérieure. Par exemple, s'il fait - 5 °C, les informations communiquées par la sonde permettent d'anticiper le déclenchement du système de chauffage. C'est très utile dans le cas d'un plancher chauffant, qui monte en chaleur plus lentement que les appareils individuels.


La programmation

Elle sert à gérer la température selon des plages horaires déterminées, voire à le faire à distance. Plusieurs solutions sont possibles.

La cassette programmable : réservée au chauffage électrique, elle se glisse dans les émetteurs de chaleur et peut en commander plusieurs, à condition qu'ils soient reliés par un « fil pilote ».

Le thermostat programmable : il s'agit d'un thermostat d'ambiance équipé d'une horloge qui permet de commander la gestion de la température à l'intérieur de votre maison, par exemple, pendant des périodes où vous êtes absent. Des modèles permettent de programmer deux températures différentes dans la journée ou dans la semaine, ou encore de découper la maison en plusieurs zones (par exemple, les chambres en zone nuit ; la cuisine et le séjour en zone jour). En outre, la programmation est éventuellement modifiable par téléphone. Ce système permet de réaliser des économies d'énergie.

Le gestionnaire d'énergie : il a l'apparence d'un thermostat programmable et combine les mêmes fonctions (régulation et programmation). Toutefois, il peut aussi en proposer d'autres, plus spécifiques.

1 > La programmation tarifaire : elle permet, par exemple, de faire fonctionner vos appareils en « heures creuses ».
2 > L'indicateur de consommation : il permet de visualiser le nombre de kWh consommés sur, par exemple, la chaudière, l'électricité courante, le ballon d'eau chaude, etc.
3 > Le délesteur : il évite que le disjoncteur coupe l'électricité lorsque la puissance dont vous disposez est inférieure à celle que vous sollicitez. Par exemple, si vous allumez le four et que vous dépassez la puissance de votre système, les émetteurs de chauffage s'arrêtent.

DES ÉTÉS TOUJOURS FRAIS

En France, sur la majeure partie du territoire, il est en général possible de vivre au frais sans climatisation. A condition, toutefois, d'acquérir les bons réflexes et d'investir dans quelques équipements de base.


1. Des solutions efficaces
Il suffit que la température intérieure soit inférieure de 5 °C par rapport à l'extérieur pour créer une sensation de fraîcheur. Si la climatisation est gourmande en énergie, sachez qu'il existe d'autres solutions.


2. A l'extérieur

Les occultations : équipez la maison de volets extérieurs, mais aussi de stores intérieurs, surtout sur les vitrages exposés au sud et à l'ouest.

La façade sud : si vous faites construire, pensez à prévoir une avancée de la toiture ou un balcon si la maison possède un étage. Sachez qu'un débord de 90 cm est suffisant pour protéger une vitre d'environ 2,50 m de haut lorsque le soleil est au zénith.

La façade ouest : sa protection nécessite plus d'attention, car, l'après-midi comme le soir, les rayons du soleil la frappent de plein fouet. Pour créer une zone d'ombre, il faut prévoir un débord supérieur à 90 cm au-dessus des fenêtres ou installer une tonnelle qui agira comme un écran.

La terrasse : il existe des alternatives au parasol. Installez, au choix, une pergola, des brise-soleil, une tonnelle, un vélum, etc.

Les couleurs : choisissez des teintes claires, qui renvoient la lumière et la chaleur, pour les façades et les volets, et préférez les couleurs sombres pour la terrasse afin d'éviter que les rayons du soleil se réfléchissent dans la maison.

La végétation : plantez des arbres à feuilles caduques au sud. L'hiver, ils perdent leur feuillage et laissent les rayons du soleil pénétrer dans la maison. En été, leur belle frondaison fait obstacle au soleil tout en offrant un écrin de fraîcheur qui, en plus, absorbe le gaz carbonique.


3. A l'intérieur

Les bons réflexes : il existe, au quotidien, des moyens de limiter ou d'empêcher la chaleur de rentrer dans la maison.

1 > Utilisez, de préférence, vos appareils électroménagers le matin. Préférez le micro-ondes, qui ne dégage pas de chaleur.
2 > Évitez les cuissons qui dégagent de la vapeur.
3 > Ventilez la nuit pour décharger la chaleur stockée dans les murs.
4 > Entrebâillez vos volets dès que le soleil frappe.
5 > Rafraîchissez l'atmosphère autour de votre maison en arrosant, chaque soir, la terrasse et les plantes. N'oubliez pas de respecter les restrictions d'eau pendant l'été.
Le ventilateur : il brasse l'air ambiant et crée une brise continue qui donne une impression de fraîcheur et améliore le niveau de confort.

La climatisation : malgré l'évolution de la technologie, elle cumule, à l'heure actuelle, encore beaucoup de défauts. Entre autres, la climatisation est très gourmande en énergie et elle rejette le fluide frigorigène de son système, très actif pour l'effet de serre (même s'il est de plus en plus inoffensif). Pourtant, ce type d'installation devient, évidemment, indispensable dans les habitations où il est impossible d'ouvrir les fenêtres à cause des nuisances sonores. Attention ! Des passages fréquents entre un intérieur climatisé et un extérieur très chaud peuvent créer des chocs thermiques nocifs si l'écart de température est important (au-delà de 7 °C).


LES SYSTEMES REVERSIBLES

La température idéale en toute saison, c'est possible ! Certains systèmes permettent de rafraîchir l'atmosphère de la maison en été et de la chauffer en hiver. Première approche de ces équipements trop méconnus.


1. La géothermie

Son principe : il consiste à récupérer la chaleur présente dans le sol et à l'utiliser pour chauffer ou rafraîchir un logement. Un réseau de tubes (des capteurs) est enterré dans le sol. À l'intérieur circule un fluide caloporteur ou frigorigène. Il transite par un générateur thermodynamique (la pompe à chaleur), puis est distribué dans un plancher ou des radiateurs (voir schéma).

Aujourd'hui, la surface de terrain pour collecter suffisamment d'énergie est moins importante : 180 m2 de sol suffisent à chauffer 150 m2 de logement. Autre avantage, la géothermie permet aussi de produire votre eau chaude sanitaire, voire de chauffer celle de votre piscine.

Même si sa mise en place est contraignante, ce système est particulièrement économique. En effet, l'énergie récupérée dans le sol est gratuite, et la seule qui vous sera facturée est celle utilisée pour faire fonctionner la pompe à chaleur. Or, la somme d'énergie récupérée est trois fois supérieure à celle consommée par la pompe.


2. Le puits canadien (ou provençal)

Son principe : ce système, assez méconnu, consiste à faire passer l'air extérieur dans un tuyau (de type PVC) enterré dans le sol à une profondeur comprise entre 1 et 2 m et de le faire ressortir à l'intérieur de la maison, réchauffé ou refroidi, en fonction de la température du sol extérieur.

Concrètement, en hiver, le sol, à cette profondeur, est plus chaud que la température extérieure. Lors de son passage dans le tuyau, l'air froid est préchauffé avant d'arriver dans la maison. Inversement, en été, le sol est plus froid que la température extérieure : l'air chaud se rafraîchit avant d'entrer dans la maison. Cette solution offre l'avantage d'un faible investissement. En revanche, prévoyez son installation dès la conception de la maison (tranchées, gaines d'arrivée).


3. La climatisation réversible
Son principe : en été, la climatisation réversible fonctionne comme votre réfrigérateur ; c'est-à-dire qu'elle produit de l'air froid à l'intérieur de la maison et évacue l'air chaud à l'extérieur. En hiver, c'est le contraire. Son système puise l'énergie présente dans l'air froid à l'extérieur pour la transformer en chaleur à l'intérieur, tandis que l'air froid est évacué à l'extérieur. La climatisation réversible est un procédé performant et économique : pour 1 kW consommé par son compresseur, elle produit 2 kW de froid en été, et restitue 3 kW de chaleur en hiver.